PSYCHOLOGIE

Sur cette page intitulée "Psychologie", vous découvrirez des conseils et des articles pour mieux vous connaître et vivre votre vie. Mais avant d'aborder les conseils, un peu d'histoire de la psychologie et des psychologues. Et afin de nous transporter dans le passé, proposons de considérer la question suivante : " Qu'est-ce-que la psychologie ? ". En effet, si l'on n'y prend pas garde, il pourrait sembler aisé de répondre à une telle question, ...

1 - Son origine

Par exemple, l'on pourrait dire que la psychologie est une discipline, articulée en quatre sous disciplines qui, à partir de pratiques et de méthodes d'investigation diverses, consiste à observer le comportement humain. Mais bon, rien n'est aussi simple qu'il y parait. 

La psychologie est, à son origine, une orientation de la philosophie qui, à cette époque, était consacrée à l’âme. Que ce soit avec Aristote, Platon ou, plus tard, avec Descartes, il est question d'étudier les relations entre le corps et l'esprit. Le mot, le terme psychologie, semble apparaître, pour la première fois, à la fin du XVe siècle, dans un livre écrit par un savant d'Europe de l'Est mais force est de constater que c'est dès l’antiquité, et notamment en Égypte ancienne, que l'on retrouve les premières occurrences d'écrits consacrés aux phénomènes mentaux et aux comportements humains.

3 - Son essence

Mais bon, revenons-en à la question " Qu’est-ce que la psychologie ? ". Pour la psychologie, la question de son essence, voire plus modestement de son concept, met en exergue l’existence même du psychologue. En effet, faute de pouvoir répondre exactement sur ce qu’il est, et le débat actuel sur les récentes décisions politiques concernant la profession ne cessent de le confirmer, il lui est rendu bien difficile de répondre de ce qu’il fait. En fait, si l'on s'intéresse d'un peu plus près à nombre de travaux de psychologie, on en retire l’impression qu’il est plutôt question d'un enchevêtrement d'une philosophie sans rigueur, d'une éthique sans exigence et d'une médecine sans contrôle comme le dirait Canguilhem. Il apparaît donc qu’en demandant " Qu’est-ce que la psychologie ? ", la question ne soit ni futile, ni impertinente et encore moins inutile.

5 - Conception antique

C’est donc à cette conception antique que remonte, directement, un aspect de la psychologie moderne, la psychophysiologie, considérée longtemps comme psychoneurologie exclusivement, et la psychopathologie comme discipline médicale. Sous ce prisme, il ne parait pas superflu de rappeler qu’avant les deux révolutions qui ont permis l’essor de la physiologie moderne, celle de Harvey et celle de Lavoisier, une autre révolution, et non des moindres, est due à Galien. Contre la doctrine aristotélicienne, et conformément aux anticipations, entre autres, d’Hippocrate et de Platon, il établit que c’est le cerveau et non le cœur qui est l’organe de la sensation et du mouvement, et le siège de l’âme. Galien fonde véritablement une filiation ininterrompue de recherches en pneumopathotologie durant des siècles, dont la pièce fondamentale est la théorie des esprits animaux, découronnée et relayée à la fin du XVIIIe siècle par l’électroneurologie. Quoiqu'il en soit, comme psychophysiologie et psychopathologie, la psychologie d’aujourd’hui remonte au IIe siècle.

7 - Descartes et Malebranche

La psychologie, science de la subjectivité, commence donc comme psychophysique pour deux raisons. Premièrement, parce qu’elle ne peut pas être moins qu’une physique pour être prise au sérieux par les physiciens. Deuxièmement, parce qu’elle ne doit pas chercher dans une nature, c’est-à-dire dans la structure du corps humain, la raison d’existence des résidus irréels de l’expérience humaine. Mais ce n’est pas là pour autant, un retour de la conception antique d’une science de l’âme comme branche de la physique. Parce que la nouvelle physique est un calcul, la psychologie tend à l’imiter. Elle cherchera à déterminer des constantes quantitatives de la sensation et des relations entre ces constantes. Et ce sont Descartes et Malebranche qui, ici, seront à la manœuvre.

8 - Science de la conscience

Descartes proposera de considérer une réduction des différences qualitatives entre données sensorielles en tant qu’elles sont, au sens propre du terme, des informations d’un corps par d’autres corps. Ce qui est informé par les sens externes, c’est un sens interne « la fantaisie", qui n’est en rien autre qu’un corps réel et figuré. Descartes traitera d'ailleurs de ce que Kant appellera la grandeur intensive des sensations : les comparaisons entre lumières, entre sons, ... ne peuvent être converties en rapports exacts que par analogie avec l’étendue du corps figuré. De plus, Descartes, s’il n’est pas à proprement parler l’inventeur du terme et du concept de réflexe, n'a, néanmoins, pas manqué d'affirmer la constance de la liaison entre l’excitation et la réaction. Une psychologie, entendue comme physique mathématique du sens externe, commence avec lui pour aboutir à Fechner, grâce au concours de physiologistes comme Helmholtz – malgré et contre les réserves kantiennes, critiquées à leur tour par Herbart. Puis, cette orientation de la psychologie est poursuivie par Wundt et sa psychologie expérimentale, soutenue dans ses travaux par l’espoir de faire apparaître, dans les lois des « faits de conscience », un déterminisme analytique du même type que celui dont la mécanique et la physique laissent espérer à toute science l’universelle validité. Mais la science de la subjectivité ne se réduit pas à l’élaboration d’une physique du sens externe. Elle se propose et se présente comme la science de la conscience de soi ou la science du sens interne.

11 - Sigmund Freud

Pinel avait plaidé pour l’idée que les aliénés sont à la fois des malades comme les autres, ni possédés, ni criminels, et différents des autres. Ils doivent donc être soignés séparément des autres et séparément selon les cas dans des services hospitaliers spécialisés. Pinel a fondé la médecine mentale comme discipline indépendante, à partir de l’isolement thérapeutique des aliènés de Bicêtre comme de la Salpêtrière. Royer-Collard imite Pinel à la Maison Nationale de Charenton. Il en devient le médecin-chef en 1805, l’année même ou Esquirol soutient sa thèse de médecine. Royer-Collard deviendra professeur de médecine légale à la Faculté de Médecine de Paris, puis premier titulaire de la chaire de médecine mentale. Royer-Collard et Esquirol ont eu comme élève Calmeil qui a étudié la paralysie chez les aliénés, Bayle qui a reconnu et isole la paralysie générale et Voisin qui a créé l’étude de l’arriération mentale chez les enfants. Et c’est à la Salpêtrière qu’après Pinel, Esquirol, Lelut, Baillarger et Falret, entre autres, Charcot devient, en 1862, chef d’un service dont les travaux seront suivis par Ribot, Pierre Janet, le Cardinal Mercier et un certain Sigmund Freud.

12 - Des profondeurs de l'âme

Nous avions vu la psychopathologie commencer avec Galien et nous la voyons aboutir à Freud. La psychopathologie ne s’est pas développée sans rapport aux autres disciplines psychologiques. Du fait des recherches de Maine de Biran, elle contraint la philosophie à se demander, depuis plus d’un siècle, auquel des deux Royer-Collard elle doit emprunter l’idée qu’il faut se faire de la psychologie. Ainsi la psychopathologie est-elle à la fois juge et partie au débat ininterrompu dont la métaphysique a légué la direction à la psychologie, sans d’ailleurs renoncer à y dire son mot, sur les rapports du physique et du psychique. Ce rapport a été longtemps formulé comme somatopsychique avant de devenir psychosomatique. Ce renversement est le même d’ailleurs que celui qui s’est opéré dans la signification donnée à l’inconscient. Si l’on identifie psychisme et conscience – en s’autorisant de Descartes, qu'elle qu'en soit la raison – l’inconscient est d’ordre physique. Si l’on pense que du psychique peut-être inconscient, la psychologie ne se réduit pas à la science de la conscience. Le psychique n’est plus seulement ce qui est caché, mais ce qui se cache, ce que l’on cache. Le psychique n’est plus seulement l’intime, mais également, en référence à Bossuet, l’abyssal. La psychologie n’est plus seulement la science de l’intimité, mais la science des profondeurs de l’âme

14 - L'homme comme outil

En acceptant de devenir, sur le modèle de la biologie, une science objective des aptitudes, des réactions et du comportement, cette psychologie oublie totalement de situer leur comportement spécifique par rapport aux circonstances historiques et aux milieux sociaux dans lesquels ils sont amenés à proposer leurs méthodes ou techniques et à faire accepter leurs services. L’idée d’utilité, comme principe d’une psychologie, tenait à la prise de conscience philosophique de la nature humaine comme puissance d’artifice, et plus prosaïquement à la définition de l’homme comme fabricant d’outils. Mais le principe de la psychologie biologique du comportement ne paraît pas s’être dégagé, de la même façon, d’une prise de conscience philosophique explicite, sans doute parce qu’il ne peut être mis en œuvre qu’à la condition de rester informulé. Ce principe c’est la définition de l’homme lui-même comme outil. À l’utilitarisme, impliquant l’idée de l’utilité pour l’homme, l’idée de l’homme juge de l’utilité, a succédé l’instrumentalisme, impliquant l’idée d’utilité de l’homme, l’idée de l’homme comme moyen d’utilité. L’intelligence n’est plus ce qui fait les organes et s’en sert, mais ce qui sert les organes. Et ce n’est pas impunément que les origines historiques de la psychologie de réaction doivent être cherchées dans les travaux suscités par la découverte de l’équation personnelle propre aux astronomes utilisant le télescope. L’homme a été étudié d’abord comme instrument de l’instrument scientifique avant de l’être comme instrument de tout instrument.

16 - Une certaine idée de l'homme

Dans les autres types de psychologie, l’âme ou le sujet, forme naturelle ou conscience d’intériorité, est le principe qu’on se donne pour justifier, en valeur, une certaine idée de l’homme en rapport avec la vérité des choses. Mais pour une psychologie où le mot âme fait fuir et le mot conscience, rire, la vérité de l’homme est donnée dans le fait qu’il n’y a plus d’idée de l’homme en tant que valeur différente de celle d’un outil. Or il faut reconnaitre que pour qu’il puisse être question d’une idée d’outil, il faut que toute idée ne soit pas mise au rang d’outil, et que pour pouvoir attribuer un outil quelque valeur, il faut précisèrent que toute valeur ne soit pas celle d’un outil dont la valeur subordonnée consiste à en procurer quelqu'autre.Qu’est-ce qui pousse ou incline les psychologues à se faire, parmi les hommes, les instruments d’une ambition de traiter l’homme comme un instrument 

2 - Son histoire

Sur un plan strictement scientifique, l’histoire de la psychologie débute au milieu du XIXe siècle, après les autres sciences naturelles, en tant que branche de la physiologie. Mais déjà, au XVIIIe, la société cherchait à se débarrasser de certains idéaux moraux considérés comme "pré-inscrits" dans l'âme humaine par des tentatives de construire une psychologie, une morale, et somme toute, une philosophie, à partir du plaisir et de la douleur qui seraient à considérer comme les guides essentiels de la survie et de la bonne tenue de l'être humain dans le monde. Et c'est, d'ailleurs, le principe même d'une politique et d'un droit. Bentham, pour ne pas le nommer, entendait construire toute une existence humaine repensée à partir du plaisir et de la douleur. Autrement dit, si les gens font ce qu'on ne veut pas qu'ils fassent, alors convient-il de leur faire mal, alors convient-il qu'on les punisse ! Ce n'est que de cette façon qu'ils pourront suivre la voie du plaisir. Bentham tentait de construire un "maître du plaisir et de la douleur". Il existe donc une loi du plaisir, une loi qui est de régulation et d'homéostase.

4 - Une science de l'âme

À la question " Qu’est-ce que la psychologie ? ", et donc avec l'aide de Canguilhem, l'on peut répondre en faisant paraitre l’unité de son domaine malgré la multiplicité des projets méthodologiques. Alors que psychologie signifie étymologiquement "science de l’âme", il est remarquable qu’une psychologie indépendante soit absente, en idée et en fait, des systèmes philosophiques de l’antiquité. Et pourtant, à cette période, la psyché, l’âme, est tenue pour un être naturel. Les études relatives à l’âme s’y trouvent partagées entre la métaphysique, la logique et la physique. Par exemple, le traité aristotélicien "De l’âme", qui est en réalité un traité de biologie générale, est un écrit consacré à la physique. L’objet de la physique n'est autre que le corps naturel comme représentant de la vie en puissance, La physique traite de l’âme comme forme du corps vivant, et non comme substance séparée de la matière. Une étude des organes de la connaissance, c’est-à-dire des sens extérieurs, des cinq sens usuels et des sens intérieurs, comme le sens commun, la fantaisie ou encore la mémoire, ne diffère en rien de l’étude des organes de la respiration ou de la digestion. L’âme est un objet naturel d’étude, une forme parmi les formes, même si sa fonction essentielle est la connaissance des formes. La science de l’âme est issue de la physiologie, en son sens originaire et universel de théorie de la nature.

6 - Pour une science du sujet

Le déclin de la physique aristotélicienne, au XVIIe siècle, marquera la fin de la psychologie comme science d’un objet naturel. Corrélativement, la naissance de la psychologie comme science de la subjectivité reconnaîtra les vrais responsables de l’avènement de la psychologie moderne, comme science du sujet, que sont les physiciens mécanistes du XVIIe siècle. Si la réalité du monde n’est plus confondue avec le contenu de la perception, si la réalité est obtenue et posée par réduction des illusions de l’expérience sensible usuelle, le déchet qualitatif de cette expérience engage, du fait qu’il est possible comme falsification du réel, la responsabilité propre de l’esprit. Le sujet de l’expérience, en tant qu’il ne s’identifie pas avec la raison mathématicienne et mécanicienne, devient un instrument de la vérité et une mesure de la réalité. Cette responsabilité se révèle, aux yeux des physiciens, une culpabilité. La psychologie se constitue donc comme une entreprise permettent de disculper l’esprit. Son projet est celui d’une science qui, face à la physique, explique pourquoi l’esprit est par nature contraint de tromper d’abord la raison relativement à la réalité. La psychologie se fait physique du sens externe, pour rendre compte des contre sens dont la physique mécaniste inculpe l’exercice des sens dans la fonction de connaissance.

9 - Les Méditations

C’est du XVIIIe siècle que date le terme de ""Psychologie" ayant le sens de science du moi. Quand Descartes considère son « intérieur » pour tâcher de se rendre plus connu et plus familier à lui-même, ce qu'il vise, c'est la Pensée. L’intérieur cartésien, conscience de l’Ego cogito, c’est la connaissance directe que l’âme a d’elle-même, en tant qu’entendement pur. Dans les Méditations, Descartes les nomme "métaphysiques" parce qu’elles prétendent atteindre directement la nature et l’essence du "Je pense" dans la saisie immédiate de son existence. L’intérieur cartésien n’a rien de commun avec le sens interne des aristotéliciens « qui conçoit ses objets intérieurement et au-dedans de la tête » et dont nous savons que Descartes le tient pour un aspect du corps. C’est pourquoi Descartes dit de l’âme qu'elle se connaît directement et plus aisément que le corps, mais l'on ignore trop souvent, de cette affirmation, l’intention polémique. Selon les aristotéliciens, l’âme ne se connait pas directement. La connaissance de l’âme n’est point directe, mais seulement par réflexion. L'âme est semblable à l’œil qui voit tout et ne peut se voir soi-même que par réflexion comme dans un miroir. L’âme ne se voit et ne se connaît que par réflexion et par reconnaissance de ses effets. 

10 - Maine de Biran

Ce qui peut être à appréhender comme la solitude de Descartes, c’était l’ascèse d’un mathématicien. Le Je pense cartésien fonde la pensée en soi. Toutefois, dans son bureau calfeutré, un certain "Maine de Biran" découvre que l’analyse psychologique ne consiste pas à simplifier mais à compliquer, que le fait psychique primitif n’est pas un élément, mais déjà un rapport, et que ce rapport est vécu dans l’effort. Il parvient à deux conclusions inattendues pour un homme dont les fonctions sont d’autorité, c’est-à-dire de commandement : la conscience requiert le conflit d’un pouvoir et d’une résistance. EIle est nécessaire à l’âme d’être incarnée, et donc il n’y a pas de psychologie sans biologie. L’observation de soi ne dispense pas du recours à la physiologie du mouvement volontaire, ni à la pathologie de l’affectivité. La situation de Maine de Biran est unique, entre les deux Royer-Collard. Il a dialogué avec le doctrinaire et il a été jugé par le psychiatre. Si Maine de Biran n’avait pas lu et discuté Cabanis (Rapports du physique et du moral de l’homme, 1798), s’il n’avait lu et discuté Bichat (Recherches sur la Vie et la Mort, 1800), l’histoire de la psychologie pathologique l’ignorerait, ce qu’elle ne peut. Le second Royer-Collard, est après Pinel et avec Esquirol, un des fondateurs de l’École française de psychiatrie.

13 - Une organisation vivante

En proposant de définir l’homme comme organisation vivante servie par une intelligence, Maine de Biran marquait d’avance le terrain sur lequel allait se constituer au XIXe siècle une nouvelle psychologie. Mais, en même temps, il lui assignait ses limites, puisque, dans son Anthropologie, il situait la vie humaine entre la vie animale et la vie spirituelle. Le XIXe siècle voit se constituer, à côte de la psychologie comme pathologie nerveuse et mentale, comme physique du sens externe, comme science du sens interne et du sens intime, une biologie du comportement humain. Les raisons de cet avènement semblent d'abord scientifiques. En effet, il est question de connaître la constitution d’une biologie comme théorie générale des relations entre les organismes et les milieux. Ensuite techniques et économiques, à savoir le développement d’un régime industriel orientant l’attention vers le caractère industrieux de l’espèce humaine. Enfin, des raisons politiques par la fin de la croyance aux valeurs de privilège social et dans la diffusion de l’égalitarisme. Or, ce qui caractérise cette psychologie des comportements, par rapport aux autres types d’études psychologiques, semble être son incapacité constitutionnelle à saisir et à exhiber dans la clarté son projet instaurateur. Si, parmi les projets instaurateurs de certains types antérieurs de psychologie, certains peuvent passer pour des contresens philosophiques, ici, par contre, se pose la question de savoir d’où une telle recherche psychologique peut bien tirer son sens.

15 - Des instruments naïfs

Les recherches sur les lois de l’adaptation et de l’apprentissage, sur le rapport de l’apprentissage et des aptitudes, sur la détection et la mesure des aptitudes, sur les conditions du rendement et de la productivité admettent toutes un postulat implicite commun : la nature de l’homme est d’être un outil, sa vocation c’est d’être mis à sa place, à sa tâche. Bien entendu, Nietzsche se révèlera juste de dire que les psychologues veulent être les instruments naïfs et précis de cette étude de l’homme. Ils se sont efforcés de parvenir à une connaissance objective, même si le déterminisme qu’ils recherchent dans les comportements n’est plus aujourd’hui le déterminisme de type newtonien, familier aux premiers physiciens du XIXe siècle, mais plutôt un déterminisme statistique, progressivement assis sur les résultats de la biométrie. Mais enfin, quel est le sens de cet instrumentalisme à la seconde puissance ? 

Qu’est-ce qui pousse ou incline les psychologues à se faire, parmi les hommes, les instruments d’une ambition de traiter l’homme comme un instrument 

17 - La conviction de supériorité

Si donc, le psychologue ne puise pas son projet de psychologie dans une idée de l’homme, croit-il pouvoir le légitimer par son comportement d’utilisation de l’homme. Force est de constater que le psychologue contemporain est, le plus souvent, un praticien professionnel dont la « science » est tout entière inspirée par la recherche de lois sur l’adaptation à un milieu sociotechnique – et non pas à un milieu naturel – ce qui confère toujours à ses opérations de « mesure » une signification d’appréciation et une portée d’expertise. De sorte que le comportement du psychologue du comportement humain enferme quasi-obligatoirement une conviction de supériorité, une bonne conscience dirigiste, une mentalité de manager des relations de l’homme avec l’homme. C’est pourquoi il conviendrait de poser les questions suivantes : qui désigne les psychologues comme instruments de l’instrumentalisme ? À quoi reconnaît-on ceux des hommes qui sont dignes d’assigner à l’homme-instrument son rôle et sa fonction ? Qui oriente les orientateurs ? Qu’est-ce qui pousse ou incline les psychologues à se faire, parmi les hommes, les instruments d’une ambition de traiter l’homme comme un instrument ?

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Henri-Frederic-Chabannes

Comment sortir d'une dépression ?

Publié le 21.06.2021 - Henri Frédéric Chabannes

Lorsque l’on se demande comment sortir d’une dépression, il convient avant tout de bien comprendre ce qu’est la dépression afin de la reconnaitre pour pouvoir agir de manière concrète et efficace en psychologie. Ce n'est qu'ensuite que peut être mis en place un processus dédié à vous aider à sortir d’une dépression. Alors qu’est-ce qu’une dépression ? Quels en sont les signes ? Comment en sortir ? Réponses !